Conseil de métropole 4 octobre 2019 – Propos introductifs des élu.e.s EELV Brest

Une catastrophe de plus, une surveillance des usines SEVESO s’impose

L’immense nuage dans le ciel de Rouen n’est pas sans rappeler les nombreuses marées noires arrivées sur nos terres et nos côtes. Cette image a surement rappelé de bien douloureux souvenirs à nombre de finistériennes et finistériens !

La France semble très mal préparée à faire face aux catastrophes industrielles.

Et de moins en moins bien préparé d’ailleurs, au regard de la dérèglementation constante des installations classées autorisées par ce Gouvernement.

Avec le décret du 11 août 2016 et la loi de 2018 dite, par antiphrase, pour un “État au service d’une société de confiance” on assiste à un véritable démantèlement de la réglementation environnementale concernant les installations classées faisant passer nombre de modification et d’agrandissement de ces établissements du régime de l’autorisation obligatoire à un régime du cas par cas. Le préfet est désormais seul à décider si oui ou non une procédure d’autorisation est nécessaire.

À Rouen, aucune étude d’impact supplémentaire ni aucune étude de danger n’avait été réalisées alors même que des quantités énormes de produits hautement inflammables étaient stockés et avait fait l’objet d’une demande d’extension au préfet.

Autoriser des installations dangereuses sans une étude obligatoire des impacts pour l’environnement, les populations et les salariés, est inadmissible.

Cette dérèglementation du gouvernement Macron-Philippe est en contradiction avec la directive européenne Seveso 3, qui demande à ce qu’une révision régulière des études de danger soit effectuée pour ce type de produits, tâcherendue très difficile pour les services DREAL qui voit, chaque année, ses effectifs d’inspection diminuer.

Face à ce démantèlement, les maires et président.e.s d’intercommunalité ne peuvent que s’assurer que l’information existe et circule, l’état conservant son monopole de régulation et de controle.

A Brest, 3 sites SEVESO se trouvent sur le port de commerce et, en face, l’Île Longue, reste un territoire plus que sensible.

Dès leur arrivée à la municipalité de Brest, les Vert-e-s ont porté l’exigence de transparence sur la protection des populations face au risque nucléaire présent à l’Île Longue.

En 1999, l’armée étend et rend public le PPI (plan particulier d’intervention) de l’Île Longue en lien avec le Ministère de l’Environnement où venait d”arriver Dominique Voynet (cf l’article de Ouest France du mercredi 13 février 1999).

C’est aussi à la demande insistante des élu.es Vert-e-s que la Communauté Urbaine de Brest avait financé la 1ère étude indépendante des sédiments de la Rade pour en mesurer la radioactivité, étude réalisée par l’ACRO, un laboratoire indépendant.

Aujourd’hui nous constatons que nos luttes restent, hélas, toujours d’actualité. Les mesures de prévention,de protection et d’information du public reculent. Il n’est pas étonnant que les populations n’aient plus confiance, à Rouen comme ailleurs.

Il faut, au plus tôt, obtenir des informations globale et publique pour une transparence totale et régulière sur les 3 sites SEVESO brestois et sur les activités de l’île Longue pour assurer la sécurité des populations.

Dès à présent, l’Etat peut-il nous dire quels sont les sites brestois et plus largement finistériens qui ont fait l’objet de modifications  sans enquête d’impact et de danger, depuis l’entrée en vigueur de la loi pour un “État au service d’une société de confiance” ?

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