Projet de réglementation de la publicité à Brest métropole – Observation des élu.e.s EELV Brest

Observation au commissaire enquêteur, le 12 septembre 2019 à Brest.

Lors du conseil de métropole du 26 avril 2019 nous avons approuvé la délibération n°40 portant sur le RLPi. Par notre intervention nous indiquions notre volonté de réguler la publicité sur l’espace public.

Notre volonté reste inchangée mais notre avis sur le RLPi a évolué. Comme le signale l’association Paysages de France, ce document est long, complexe et particulièrement technique. L’ambition affichée était évidemment louable puisqu’il était indiqué que le nouveau RLP viserait à “préserver la qualité du cadre de vie”, “réduire globalement les formats” ou encore “encadrer les nouvelles formes de publicité numérique”. Mais la traduction réglementaire ne semble pas à la hauteur du discours.
Ainsi après avoir analysé ce document, lu l’avis de l’association Paysage de France, étudié ce qui se fait ailleurs, force est de constater que ce document va à rebours des politiques des autres métropoles françaises et surtout à l’encontre du souhait des citoyen·ne·s qui jugent la publicité envahissante à presque 80 % d’après une enquête TNS-Sofres de 2013.

Ce règlement local de publicité date d’un autre âge et traduit le  manque d’ambition que nous avons souvent relevé quand il s’agit d’envisager une véritable transformation écologique de notre territoire.
Comme nous l’avions déjà indiqué lors du conseil métropolitain d’avril dernier, les dispositifs de publicité installés dans toute la ville correspondent à une époque aujourd’hui révolue, celle des 30 Glorieuses, où le bonheur était assimilé à l’achat d’une voiture toute option et à la possibilité de consommer toujours plus. Ces panneaux publicitaires immenses ne correspondent plus aujourd’hui à notre idéal de société qui a su prendre conscience de l’importance de la sobriété et d’une consommation raisonnable. La publicité c’est du gaspillage énergétique, de la pollution visuelle, l’incitation à la surconsommation, la large diffusion de stéréotypes en particulier concernant l’image de la femme, de l’espace public privatisé… Bref, la publicité c’est le symbole et le véhicule d’une société dont nous ne voulons plus.

L’exemple le plus parlant concerne les gigantesques panneaux numériques, installés depuis 2016 et qui, pour chacun d’entre eux, représente la consommation énergétique annuelle hors chauffage
de trois familles. Deux années d’expérimentation auront été nécessaires pour comprendre leur inutilité et leur impact environnemental. C’est d’ailleurs assez ironique d’y voir parfois affichées des campagnes visant à inciter nos concitoyen·ne·s à justement baisser leur consommation.
Dans ce projet de RLPi, seules les ZP1 et ZP2 pourront échapper à la publicité numérique, partout ailleurs les panneaux de 2,5 m² inonderaient la métropole.

Toujours concernant le gaspillage énergétique, on ne peut hélas que constater que le RLPi ne fait rien contre l’éclairage de nuit. En effet, le document se limite à répéter strictement ce qui est inscrit dans le règlement national de publicité, à savoir, une extinction entre 1h et 6h du matin. Même chose pour les enseignes lumineuses qui peuvent atteindre jusqu’à 24 m² dans les zones d’activités ! A l’heure où les discours sont à la réduction de notre consommation énergétique, et c’est d’ailleurs l’ambition du plan climat que nous aurons à voter très prochainement, nous ne comprenons pas que de tels dispositifs soient autorisés.

Plus généralement, ce projet de RLPi ne va pas dans le bon sens puisqu’il s’oriente vers une augmentation du nombre de dispositifs publicitaires sur la métropole brestoise et les dispositifs qui seront installés sont les plus grands autorisés par le code de l’environnement, à savoir 12 m² si l’on compte le pied.

Ces dispositifs publicitaires sont de véritables pollutions visuelles non seulement pour notre ville, qui s’enlaidit à mesure que ces dispositifs occupent l’espace public, mais il s’agit également d’un risque pour nos enfants qui sont déjà suffisamment sollicités que ce soit par la télévision, les supermarchés ou encore les publicités précédents chaque vidéo Youtube. Nous avons un devoir de protection envers eux et il nous semblerait important d’établir une distance minimale entre les écoles et les zones d’implantation de ces dispositifs publicitaires quel qu’ils soient.

Par ailleurs, il est nécessaire d’affirmer les identités de nos quartiers en garantissant la préservation d’espaces de libre expression pour les brestoises et les brestois. De plus, l’installation de ces panneaux publicitaires, souvent principalement accessibles aux multinationales et aux grandes chaînes, vont à l’encontre des commerçant·e·s de proximité qui souffrent actuellement d’une perte de dynamisme du centre-ville au profit des grandes surfaces installées en zone péri-urbaine.

Enfin, ce document n’anticipe absolument pas les nouvelles formes de publicité qui pourraient apparaître sur notre territoire. Publicités au sol, publicités sonores, reconnaissance faciale et autres, doivent être encadrées dès aujourd’hui.

Les élu.e.s EELV de Brest
Ronan Pichon, Nathalie Chaline, Pierre Guezennec, Marif Loussouarn
18, rue Kéravel – 29 200 Brest
02.98.46.08.78

Pour marque-pages : Permaliens.

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